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PRESIDENCE DE LA FEDERATION SENEGALAISE DE FOOTBALL: Quelle ceinture pour la première nation africaine

Alors qu’Augustin Senghor tente de briguer un quatrième mandat consécutif à la tête de la Fédération sénégalaise de football (FSF), d’autres fortes personnalités du football vont essayer de lui barrer la route. Outre Mady Touré de Génération foot qui a officiellement déclaré sa candidature, des noms comme Saer Seck, Mbaye Diouf Dia et Louis Lamotte de l’Assur sont annoncés dans la course à la succession du maire de Gorée. En attendant l’Assemblée générale élective prévue le 07 août prochain, Mababa Sports Magazine tente de vous retracer le parcours de ces différents profils.

 

Augustin Senghor un maître du jeu

Candidat à sa propre succession, Me Augustin Emmanuel Senghor vise un quatrième mandat, après 12 ans à la tête de la Fédération sénégalaise de football. Agé de 56 ans, l’homme est un sportif accompli. Connu surtout pour le sport-roi, Augustin a aussi pratiqué la nage, l’athlétisme et le basket (US Gorée), en plus d’avoir été joué pour l’Asc Coumba Castel de Gorée.

Né à Dakar le 21 novembre 1965, Me Senghor n’excelle pas que dans le domaine du sport. Avocat d’affaires de renom, il totalise pas moins de 30 ans de barre. Spécialiste en Droit des affaires, la robe noire est aussi reconnue pour ses talents en tant que manager dans le domaine des sports. Président de Coumba Castel, de 1993 à 2002, président de l’Us Gorée depuis 2002, Me Senghor a eu à exercer dans plusieurs instances internationales du Sport. Vice-président du Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (Caf) de 2009 à 2013, ancien membre de la Commission de recours de la Fifa, il est vice-président de la Confédération Africaine de Football (Caf) depuis mars 2021. Aussi, depuis 2012, il est arbitre au Tribunal arbitral du sport (Tas). Marié et père de quatre enfants, Me Augustin Emmanuel Senghor est également maire de l’île de Gorée depuis 2002 et adjoint à l’édile de la Ville de Dakar.

Son principal adversaire, c’est un palmarès encore ‘’vierge’’ avec l’équipe nationale A. D’ailleurs, son programme de campagne semble déjà se projeter dans ce sens. Il disait : ‘’L’heure est venue de passer du statut d’un football qui compte à celui d’un football qui gagne au plus niveau !’’ Déjà, il peut compter sur le soutien de nombreuses ligues régionales qui se sont prononcées en sa faveur.

 

Mady Touré le révolutionnaire

Fondateur de l’académie Génération Foot, il y a 21 ans, Mady Touré est devenu un monument dans le football sénégalais. A force d’abnégation, de sacrifices et de savoir-faire, son club fait partie des plus grands clubs du championnat sénégalais. Pourtant, la vie n’a pas été toujours tendre pour cet enfant de la Gueule Tapée de Dakar. Parti en France dans les années 1980-1990, il a été contraint d’arrêter sa carrière à cause d’une vilaine blessure. Mais aujourd’hui, le patron de GF semble savourer sa belle revanche, aux côtés de ses joueurs qu’il considère comme ses propres enfants.

Véritable gagneur, Mady n’a jamais lâché prise, malgré les difficultés. Avant de rentrer au Sénégal dans les années 2000, il a su mettre sur pied une expérience qui marche. Grâce à lui, pas mal de jeunes : Sénégalais, Camerounais, Togolais, Gambiens, Maliens, Guinéens… ont pu réaliser leurs rêves, en devenant des footballeurs professionnels. Parmi eux, on peut citer Sadio Mané, Ismaïla Sarr, Diafra Sakho, Fallou Diagne, Habib Diallo, Landry Nguémo du Cameroun, Dino Djiba, les frères Ibrahima et Babacar Guèye… Tous sont passés entre ses mains. Tous sont sortis de l’établissement Génération Foot, basé à Déni Birame Ndao dans le département de Rufisque.

Parti en France en 1984 grâce à l’aide de Youssou Ndour, Mady a d’abord intégré le club de Chemou (3e division), puis l’équipe de Bousse (club amateur), avant d’atterrir à Châteauroux, où il a contracté sa blessure.

Son rêve de footballeur professionnel brisé, il se reconvertit en maçon, en allant piocher dans les rues de Monaco jusqu’à sa rencontre avec Benard Cocosse (ancien joueur) en 1987. Lequel lui a suggéré d’aller chercher une place dans l’équipe de corpo (club d’entreprise) de l’hôpital de la ville. Première désillusion, le directeur lui promet le poste de ramasseur d’ordures. Il se rappelle : ‘’Il m’a dit que l’équipe de football est pleine et m’a demandé si je pouvais balayer et ramasser les ordures, chaque matin. J’ai accepté la proposition, parce qu’à ce moment-là, je n’avais plus de revenus’’. Finalement, il va intégrer le personnel de la structure, grâce à son Brevet d’études professionnel (Bep) de comptabilité et informatique.

Devenu représentant en Afrique de l’Ouest dans une société sportive de communication et de management, il finit par claquer la porte. ‘’Suite à certaines opérations dont le transfert de l’ancien défenseur des lions Adama Sarr, j’ai constaté qu’ils ont gagné beaucoup d’argent. C’est ce qui a motivé mon intention d’intégrer l’entreprise comme actionnaire, mais ils ont refusé. J’ai insisté et le directeur m’a licencié’’, se rappelle l’ancien footballeur. Il prit ainsi l’initiative de rentrer au Sénégal pour porter sur les fonts baptismaux ce qui est devenu une fierté pour beaucoup de Sénégalais.

 

Saer Seck, un homme d’influence

Saer Seck est titulaire d’un DESS en Finances et d’une Licence d’Économie Appliquée de Sup de Co, à Montpellier. Dès son retour de France en 1978, il saisit l’opportunité de rejoindre l’équipe d’une entreprise de pêche, en tant qu’Assistant du Directeur Commercial. En réalité, il en devient le Directeur commercial dès son arrivée et, un peu plus d’un an après, le Directeur Général. Ainsi, cette promotion lance sa carrière dans le secteur de la pêche. 4 années durant, il fait ses preuves dans cette entreprise, avant de rejoindre le SNCDS. Malgré les nombreux défis qu’il relève au sein de sa nouvelle structure, M. Seck se retrouve licencié du jour au lendemain, suite au décès du propriétaire de l’entreprise. Dès lors, commence pour lui, sa riche expérience de serial entrepreneur.

Dans un autre registre, Saer Seck est un passionné de football. Une grosse blessure dans sa jeunesse lui brise ses rêves de professionnalisation, mais ne le détourne pas autant du ballon rond. En effet, quelques années plus tard, il crée l’Institut Diambars en février 2003 avec Patrick Vieira, Bernard Lama, Jean-Marc Adjovi-Boco. Cette structure qui allie sport et études, est la première du genre au Sénégal. Fondée sur des bases philosophiques, l’école se donne pour mission de faire du foot passion un moteur pour l’éducation, ainsi, au-delà des champions de football, former des hommes capables de porter le développement du Sénégal.

Aujourd’hui, M. Seck est à la tête de 5 entreprises de pêche. Par ailleurs, il est le Président du Groupement des Armateurs et des Industriels de la pêche du Sénégal (GAIPS). Le 18 mai 2021, Saer Seck, par ailleurs 1er Vice-Président de la Fédération Sénégalaise, annonce son retrait à la tête de la ligue pro de football.

“Au revoir ! Je vous quitte. J’ai fait deux mandats, cela suffit. Je ne vais pas repostuler et que le travail continue”, tels ont été les propos du président sortant Saër Seck face aux membres du bureau, dans une ambiance solennelle. Reste à voir si son prochain point de chute sera, la présidence de la fédération de football.

 

Louis Lamotte, la matière grise

Quant à Louis Lamotte, force est de constater que son nom est intimement lié au football professionnel sénégalais qu’il a vu naitre. C’est comme ‘’mon bébé’’, aime-t-il à le rappeler. Il est le président fondateur de la Ligue sénégalaise de football professionnel (Lsfp) qu’il a dirigée de 2009 à 2013. Après bien des années à essayer de développer la pratique du ballon rond dans ce pays, l’ancien président (de 1997 à 2012) de la Compagnie sucrière sénégalaise (actuelle Assur) a pris du recul. Même s’il s’est éloigné un moment des instances dirigeantes, il ne l’a pas quitté des yeux. Louis Lamotte est aujourd’hui candidat à la présidence de la Fsf. Il dit vouloir apporter la rupture dans la gestion du football. Ce juriste, spécialiste en environnement des affaires est un homme du sérail qui a eu un long vécu en tant que manager du football. Il a été, à partir de 2003, vice-président de la Fsf, chargé des réformes. Poste qu’il a quitté en 2005 en démissionnant. Quelques années plus tard, il est revenu aux affaires avec la mise en place du Comité de normalisation du football, en 2008, dont il a assuré la coordination générale jusqu’en 2010. Après la période de normalisation en 2009, il a intégré la première équipe fédérale dirigée par Augustin Senghor, en tant que 1er vice-président chargé du marketing et de la communication. Mais l’ancien président de la Css n’est pas allé jusqu’à la fin du mandat. Il a claqué la porte à nouveau en 2013.

Il faut relever cependant que  sa carrière footballistique n’a pas été aussi riche que son passage dans les instances de gestion du football national. Né à Rufisque le 1er novembre 1957, Louis Lamotte, Pape Khalifa, pour les intimes, a effectué ses études primaires à Diourbel. C’est d’ailleurs dans cette ville qu’il a joué aux Navetanes (championnat populaire sénégalais) à la fin des années 1970. Mais très tôt, il a été obligé de sacrifier cette passion pour le ballon rond au profit des études. Il a décroché son Baccalauréat avec la mention Assez bien au lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque dans la région de Dakar. Avant de poursuivre des études supérieures à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où il est diplômé d’une Maîtrise en Droit privé, option Affaires, en 1983. C’est ainsi qu’il a réussi au concours d’entrée à la prestigieuse Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam). Ayant subi pendant trois ans une formation d’inspecteur du travail et de la sécurité sociale, il en est sorti major de sa promotion. Lamotte a par la suite effectué un stage de perfectionnement au Centre africain d’administration du travail (Cradat) de Yaoundé, au Cameroun. Formateur en sécurité et santé au travail, Louis Lamotte ambitionne de porter le football sénégalais vers de nouvelles perspectives. Selon lui, il est temps de partir sur de nouveaux paradigmes en gérant les clubs comme de véritables entreprises.

 

Mbaye Diouf Dia, le gabelou au service du foot

Le Président du club de ligue 1 Mbour Petite- Côte, Mbaye Diouf Dia est aussi dans la course. Quelque part, ce natif de Thiadiaye (département de Mbour) incarne parfaitement cet esprit de soldat : toujours décidé à aller chercher d’autres galons, même s’il faut en périr. Dans son ambition de déboulonner le président Me Augustin Senghor de la tête de la Fsf, ce ‘’soldat de l’économie’’ pourrait en mourir, mais personne ne le déshonorera. Ce capitaine de la Douane sénégalaise, contrôleur de classe exceptionnelle, a gagné plusieurs paris dans sa gestion du sport. Manager général de l’Association sportives des Douanes de 1999 à 2005, le Mbourois y a laissé des marques indélébiles. Son équipe avait réussi un triplé historique en 2003, avec la Coupe du Sénégal remportée en cadets, en juniors et en seniors. Il a toujours misé sur les petites catégories pour construire des équipes premières solides. Durant son passage à l’ASC Douanes, les seniors des Gabelous avaient gagné Dame Coupe quatre fois d’affilée (2002, 2003, 2004, 2005).

 

Toutefois, son image a pris un coup en 2004. Alors adjudant, Mbaye Diouf Dia, en compagnie d’autres personnes, fut envoyé en prison, dans le cadre de l’affaire des ‘’faux bons à enlever’’. Malgré ses problèmes, cet inconditionnel du ballon rond continuera à vivre sa passion. Cet ancien junior de la Jeanne d’Arc de Dakar est allé prendre les rênes de Touré Kunda (actuel Mbour Pc) en 2006. Le club évoluait à l’époque en 3e division. Quatre ans plus tard, la formation gagne la Coupe du Sénégal (son premier trophée majeur) en 2010. Elle réussit également à monter en Ligue 1, la même année.  C’est cette énergie, cette expérience et cette méthodologie que Mbaye Diouf Dia a apportées à la Fsf. Les petites catégories sénégalaises, dont il avait la charge depuis, ont flirté avec les sommets continentaux et joué dans la ‘’cour des grands’’ du football mondial. Double vice-champion d’Afrique (2015 et 2017), les U20 avaient terminé 4e à la Coupe du monde 2015 en Nouvelle-Zélande pour leur première participation. Ils n’ont pas manqué l’édition qui a suivi, organisée en Corée du Sud (2017) avec une place en huitièmes de finale. L’autre prouesse de ces U20 est le trophée du tournoi de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qu’ils ont ramené du Togo en décembre dernier. Les U17 ont raté de peu la qualification pour la dernière Coupe d’Afrique des nations (Can) jouée en mai au Gabon.

 

Des coalitions en perspective

Alors que Mady Touré a officiellement déposé son dossier de candidature, d’autres dirigeants cherchent à promouvoir une candidature unique. D’ailleurs, des jalons très sérieux semblent avoir été posés dans ce sens. Pas moins de quatre présidentiables, en l’occurrence Mady Touré, Saer Seck, Louis Lamotte et Mbaye Diouf Dia avaient participé à la rencontre. ‘’Ces acteurs de premier plan du football sénégalais, conscients des enjeux importants des prochaines consultations électorales d’Août 2021 devant renouveler le Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football, ont d’un commun accord et à la suite d’échanges marqués du sceau de la responsabilité, décidé… de donner toutes ses chances à la recherche d’un consensus dynamique, qui éviterait au football national et aux Sénégalais les déchirements et tensions, qui ont souvent émaillé l’élection à la tête de la FSF, surtout dans le contexte actuel marqué par de fortes exigences de l’opinion’’, peut-on lire dans le compte rendu publié à la suite de la rencontre.

Ainsi, suggèrent-tout projet de programme dynamique devrait viser prioritairement 3 objectifs : « Remporter la prochaine Coupe d’Afrique 2022 au Cameroun ; Se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde au Qatar ; Réaliser par des programmes subséquents, l’objectif de générer 10 Milliards de recettes Marcketing au profit de nos Clubs et pour améliorer les infrastructures sportives ».

Maimouna SANE (Mababa Sports Magazine-Numéro 000-Juillet 2021)

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